Transcription
1Monsieur, jay differé jusques à cestheure de faire responce à voz
2lettres de XIe et XIIe du present attendant la resolution que
3prendroyent les consulz des villes qui estoyent encores en ceste
4ville despuis les estatz. Sur la coppie de la lettre que le roy
5vous a escripte que je leur ay monstrée et faict entendre, et
6laquelle les a grandement estonné et moy aussi. En fin
7persuadée et du debvoyr et de la necessité, ilz ont estez tous
8dung advis de mectre sur la parcelle cent et quinze mil
9livres, oultre et par-dessus la somme de quarante mil de
10livres que feust conclue à l’estat dernier d’estre mise sus la
11parcelle aulx mesmes fins, assavoyr pour le faict de la guerre.
12Oultre tout cela, ilz ont conclud et bailhié puissance à
13monsieur le procureur du pays, à moy, et aultres commis qui
14se treuveront en ceste ville, demprunter argent à quelque
15interestz que ce soyt pour estre employer aulx fins que dessus.
16Voyla quant à ce poinct. Monsieur le procureur du pays vous
17en envoye les conclusions et particulierement d’une que feust
18faicte à l’estat dernier, par laquelle il feut dict qu’on mectroyt
19sur les parcelles largent quil seroyt necessaire pour payer
20les garnisons que sont aulx vallées et aultres telles que
21vous adviseriez. Je feiz adjouxter ce mot, sachant bien son
22importance. Et parce que tout ce que se mect sur la parcelle
23tumbe sur le troysieme estat (qui nen peult plus) le
24moyen deumprunter sur les eysés demeure sur ses piedz,
25tellement que je me doubte qu’il faudra avecq l’honnesteté
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27y entremesler de la rigueur et de la force. Quant à la
28noblesse, ung mot de laquelle le roy vous touche par
29sa lettre. Jen parley desià à lestat dernier à ceulx qui se
30trouvarent icy qui masseurarient quilz ne feroyent faulte
31de se trouver là part où vous leur commanderiés. A
32vous est, monsieur, den ordonner comme le temps et la
33necessité le requerra. Quant à Draqui, je mestonne
34comme il vous donne la peyne de mescripre, mayant
35volu (s’il heust peu) interesser à mon honneur. Toutesfoys,
36monsieur, pour vous monstrer de combien je vous respecte,
37je ferey pour vous chose que je ne feroys pour
38homme du Daulphiné tant ne soyt il parent et amy
39car je le continuerey en lexercisse de son office de
40secretaire, qui ma esté demandé dung infinité dhonnestes
41hommes et de bon lieu. Et quil vous en remercie
42hardiment, car si n’estoyt votre respect je ne le feroys pas.
43Monsieur, je prie le Createur vous donner en parfaicte santé
44très bonne, longue et heureuse vyue, me recommandant
45bien humblement à votre bonne grace. De Grenoble,
46ce XVIe mars 1574
47Votre bien humble serviteur
48F. d’Avanson évêque de
49Grenoble
